Les paradoxes identitaires de la société israélienne

Soumis par khaled le 7 Novembre, 2011 - 20:39

La question portant sur le caractère juif de l’état d’Israël existe depuis sa création (1948) mais celle-ci a trouvé une dimension particulièrement polémique ces dernières années avec l’arrivée d’extrémistes au pouvoir  en mars 2009 et la radicalisation de l’ensemble de la société israélienne.

Cette question se pose avec acuité sur un territoire où près de 20 % de la population est arabe. Ces Arabes sont de différentes confessions et pour la plupart des descendants des 156.000 résidents de la Palestine  historique n’ayant pas fui lors de la guerre de 1948. Ces populations, qui ont donc la nationalité israélienne, ont théoriquement, selon les principes démocratiques, droit à une citoyenneté égalitaire comme n’importe  quel résident juif de l’État d’Israël. Dans les faits, ces populations souffrent aussi bien de manquements graves de leurs droits fondamentaux au quotidien que d’un racisme institutionnel (dû en partie au fait qu’ils  n’exécutent pas le service militaire) leur empêchant parfois de construire une maison, trouver un travail, avoir un permis de conduire ou encore voyager à l’étranger. Aujourd’hui une frange de la population israélienne  et un certain nombre de politiciens israéliens demandent à ce que le caractère juif de l’État d’Israël soit reconnu aussi bien par le futur État palestinien que par les Arabes vivant en Israël.

En Mai 2009 , la Knesset, le parlement israélien, a adopté un projet de loi sanctionnant de peines d’emprisonnement toute contestation du caractère juif d’Israël. Ces lois identitaires et excluant de facto la population arabe ont également été accompagnées ces derniers mois de lois sanctionnant pénalement les citoyens israéliens qui soutiennent et participent à des boycotts contre l’occupation. Le camp de la paix en Israël, de par  ces lois liberticides entravant les actions d’opposition citoyennes, est de plus en plus sous pression et ses membres menacés d’amendes ou de peines d’emprisonnement lors de manifestations ou d’appels au boycott.

Certains universitaires et leaders d’opinions subissent des pressions et représailles lorsqu’ils se montrent critiques envers la politique israélienne. Cette atmosphère contribue à la fracture au sein de la société israélienne, y compris au sein du camp de la paix, qui a de plus en plus de mal à se faire entendre face à la radicalisation de la société israélienne. La psychose de l’attentat et la peur des voisins arabes alimentées par  les médias et les politiciens au pouvoir contribuent également à faire de plus en plus d’Israël un état sécuritaire trahissant grandement les principes démocratiques d’un état de droit.

Reconnaitre aujourd’hui le  caractère exclusivement juif de l’État israélien signifie faire de celui-ci formellement un État ethnique qui rejetterait ceux qui ne sont pas juifs. Reconnaitre le caractère juif de l’État israélien signifierait aussi nier l’identité des Arabes et leur attachement à cette terre sur laquelle ils vivent depuis toujours.

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