Manifestation contre l'accord sur le budget

Soumis par carmelo le 8 Janvier, 2012 - 20:15

Un léger souffle de revolucion

Il y avait, ce matin du vendredi 2 décembre 2011, quelque chose d'inhabituel aux abords des quais des gares. Des éléments colorés pouvaient s'identifier de loin en s'y approchant. La grisaille du matin semblait égayée par les trois couleurs qui dessinent le paysage syndical de notre pays : rouge, vert, bleu ! Une légère effervescence réjouissait mon cœur de militant. J'avais ôté, ce jour-là, ma casquette du militant écolo pour mettre celle du militant syndical.

La manifestation nationale à Bruxelles-Nord en front commun et contre l'accord sur le budget fut une réussite. Le spectacle était grandiose. Les entrées de la gare semblaient vomir des marrées humaines multicolores. Les distributeurs répartissaient le matériel du parfait manifestant : casquettes, vestes, drapeaux, sifflets, tracts, slogans et j'en passe. Toutes sortes de musiques mobilisatrices venaient de partout et s'entre-croisaient pour offrir un concert de résistance au recul social annoncé par ces accords.

Des moments aussi intenses sont rares et valent la peine d'être soulignés. Tous unis en front commun, travailleurs et chômeurs, ouvriers et employés, débutants ou pensionnés, travailleurs du privé (la CNE s'étant jointe en dernière minute) ou fonctionnaires, flamands, bruxellois et wallons parlaient d'une seule voix. Le néerlandais se mélangeait au français au point que l'on oubliait la langue utilisée. Ces deux langues se conjugaient si harmonieusement qu'elles semblaient être faites l'une pour l'autre. Il est vrai que les messages, les craintes et les positions étaient les mêmes et manifestaient d'une volonté commune, d'une détermination forte. Uni, le peuple belge ou mieux encore, les peuples de Belgique, renouaient avec la devise « L'union fait la force ». Les représentants des partis au gouvernement sauront ils les entendre ?

... et de sacrifices !

Cette mobilisation fut enthousiasmante et encourageante mais n'avait d'égal que l'envergure de ce qui se prépare, c'est à dire, le plus grand recul social en Belgique.
Au delà de la forme, ces manifestants exprimaient des craintes légitimes, qui allaient sans cesse en augmentant au fur et à mesure que l'on parvenait à comprendre la portée des textes de l'accord sur le budget. A la lecture de celui-ci, il apparaît une injustice dans la répartition de l’effort et l’absence de vision.

En effet, les bénéficiaires de la sécurité sociale seront fortement mis à contribution et paieront donc une nouvelle fois une crise dont ils ne sont pas responsables. Les couches de la population les plus fragilisées, notamment par la crise, seront plus sanctionnées. Les victimes deviennent coupables !

Les fonctionnaires sont également visés par les mesures. Les partis populistes devaient flatter un certain électorat en s'en prenant plus particulièrement à ceux-ci. Sans véritable projet, ce gouvernement semble n'avoir que deux objectifs : l'assainissement des finances - face aux menaces de l’Europe et à la dégradation de la note belge - et la réforme institutionnelle.

Voici quelques points épinglés dans cet accord par Ecolo :

  • Le relèvement linéaire de l’âge de la retraite anticipée et des prépensions
  • En matière de chômage, s’il est évident qu’il faut lutter contre les abus, il est incompréhensible de rendre les chômeurs seuls responsables de l’absence d’emploi
  • En matière de soins de santé, les économies évoquées, quoi qu’en disent certains, risquent bien d’être répercutées sur les patients
  • Un durcissement des possibilités d’accéder aux crédits-temps et interruption de carrière
  • Mesures d'économie portées sur la SNCB
  • Pas de mesures relatives au financement des CPAS, lesquels vont pourtant pâtir à coup sûr des mesures en matière de dégressivité des allocations de chômage
  • Rien concernant les 15% de la population belge vivant sous le seuil de pauvreté
  • Aucune mesure allant dans le sens d’une individualisation des droits

A contrario, plusieurs mesures s’apparentent toujours à de grands cadeaux faits à quelques-uns au détriment de tous :

  • Les intérêts notionnels ne sont toujours pas liés à la condition de maintien de l’emploi
  • La contribution du secteur nucléaire au budget de l’Etat reste largement insuffisante
  • La taxation du travail restera largement supérieure à celle du capital
  • Les grands patrimoines ne sont pas mis à contribution
  • Pas de taxation des plus-values, même spéculatives, des particuliers
  • Très faible contribution des voitures de société même pour les plus gros modèles et les plus polluants
  • Maintien du régime très favorable des stock-options.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site d'Ecolo Fédéral : http://web4.ecolo.be/?L-injustice-dans-la-repartition-de.

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