Un checkpoint pour entrer chez soi

Soumis par farah le 7 Novembre, 2011 - 20:31

Hébron, en territoire palestinien, cité riche d’une histoire millénaire mais vivant aujourd’hui sous l’injustice de la colonisation. Une colonisation au sein de la vieille ville, la transformant progressivement en une ville fantôme, des échoppes fermées et marquées par une croix rouge, des maisons de Palestiniens détruites, et des drapeaux israéliens flottant sur les tours de guet des soldats israéliens.

Quatre cents colons au sein de la colonie de Tel Rumeida, protégés par un corps armé de 4000 soldats. Pour y entrer : un check point. La colonisation de Hébron est une colonisation particulièrement violente car  exercée par des Juifs ultra-orthodoxes rêvant du grand Israël et n’ayant aucune considération pour l’Arabe vivant auprès d’eux. Quelques familles palestiniennes résistent encore aux attaques quotidiennes et violentes  des colons. Tout en se protégeant et en se barricadant au sein de maisons entourées de fils barbelés et des fenêtres grillagées. Il ne leur est pas permis d’ouvrir un commerce, de conduire une voiture au sein de la colonie ou même de se faire escorter par une ambulance. Même malades, ils doivent subir le contrôle au check point avant de pouvoir recevoir des soins. La plupart des droits humains sont bafoués.

Parmi ces familles, nous avons rencontré Hashem Azzeh, un homme au courage exemplaire, militant pour les droits des Palestiniens en dénonçant l’injustice de cette colonisation. Il rencontre constamment des humanitaires et subit, suite à chaque visite, des répressions de la part des colons. Pour Hashem, la visite de l’école était un point essentiel. Les fenêtres des classes étaient barricadées par crainte des jets de pierres des colons. Les murs étaient tagués de phrases exprimant toute la haine des colons vis-à-vis des Arabes. Le chemin vers la maison de notre guide était très ardu. Les Arabes n’ayant plus l’autorisation d’emprunter le  chemin principal, ils furent obligés de se frayer un chemin dans les talus… Des détritus jonchaient nos pas, jetés par les fenêtres des colons sur les maisons des Palestiniens, de toutes sortes et de toutes tailles.  Arrivés chez Hashem, dans son jardin plus rien n’était vert. Tout avait été empoisonné par les colons, et les oliviers centenaires étaient morts. On avait du mal à imaginer pire que ça, une vie sous la frayeur et la  violence. Mais les histoires à Hébron sont nombreuses. Et elles ne s’arrêteront pas tant que la colonie sera considérée comme légale par l’État d’Israël et que l’armée sera au service des colons. De nombreuses ONG  telles que Btselem ou Breaking the Silence ont essayé de dénoncer la situation au sein de cette colonie mais leurs voix n’ont pas eu d’écho.

« Voici notre quotidien » nous disait Hashem, « Voici ce que l’Europe doit savoir »…

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